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Candice Breitz

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Chez Nelly Bruneel
Ferme du Rond-Chêne
Rue du Culot 58
Tourinnes-la-Grosse


Candice Breitz. Extra, 2011. Single-Channel Video. Courtesy: KOW, Berlin

Une sensation singulière se cale incongrûment dans les interstices du récit bien huilé d’une série télévisuelle (Générations, diffusé depuis 1994, l’année où l’Afrique du Sud est devenue une démocratie) de la classe moyenne noire post-apartheid. Une figurante blanche regarde, interroge ou ironise les personnages noirs. Ils ne la voient pas… Ils ne perçoivent pas cette femme qui opère une inversion, dans l’écran du salon, des représentations institutionnelles audiovisuelles de la période de l’Apartheid. Ils ne sentent pas cette présence intrigante qui interroge la légitimité du récit. Elle dérange plutôt le regardeur dont l’œil se focalise sur elle. Les positions étranges de son corps sont subtiles, mais souvent douloureuses. Elles ouvrent des voies souterraines au récit. Les fragments de son corps sont, quant à eux, inquiétants.

Au-delà du comique lié aux choix du fragment ou du lieu où il se trouve posé, c’est la position et  la possibilité de l’atrophie qui pourrait déstabiliser. Les images sont simultanément très construites et incompatibles. Que le corps soit entier ou fragmenté, il place d’emblée le regardeur, sans échappatoire possible, mais avec la grâce du décalage, dans une position de regardeur questionnant le récit comme vecteur des relations sociales. Avec en point d’exergue ou en extra, la question de ce que pourrait signifier d’être blanc dans le contexte de la nouvelle Afrique du Sud.