Expositions 2017

The New Normal

L’ensemble constitue un champ d’explorations diverses de nouveaux imaginaires du quotidien, sur les plans environnemental, économique, social ou culturel. La vision est troublante, contextualisée, révoltante ou mobilisatrice. Inauguré à Beyrouth en mars 2017, le projet a ensuite été présenté à Istanbul.

Candice Breitz

Une sensation singulière se cale incongrûment dans les interstices du récit bien huilé d’une série télévisuelle (Générations, diffusé depuis 1994, l’année où l’Afrique du Sud est devenue une démocratie) de la classe moyenne noire post-apartheid. Une figurante blanche regarde, interroge ou ironise les personnages noirs.

Pascale Rémita

Enfant surtout, on s’interroge sur ces éléments familiers mais étranges du paysage : où se trouve réellement l’horizon ? Quelle est vraiment la matière des nuages ? Quelle est cette mutation entre ce que mon œil voit fixement et ce que je regarde défiler ?

Frédéric Fourdinier

Il se dégage d’abord une sensation froide, sans doute liée au néon, moderne et aseptisé. Il est pourtant vert. Mais le vert, s’il connote aujourd’hui la nature, n’en a pas moins été depuis le moyen-âge une couleur instable, chimiquement et symboliquement.

Ben Benaouisse

On est d’emblée happé tant par l’ensemble que par chacun des éléments à l’origine du tout. En ressort l’idée d’un processus, d’une route parfois rocailleuse, d’un voyage avant de s’arrêter, à un moment donné quelque part. Une tension dans l’installation nous met en état d’alerte et nous balade dans une chorégraphie spatiale où tout est visuel mais résonne comme une longue clameur.

Ymane Fakhir

Gros plan, silence, absence du corps et du visage… Ce sont les mains qui captent le regard, fascinantes comme un portrait. Jaillissant d’un vêtement blanc uniformisant mais, peut-être avant tout, signe de perte ou d’absence ; elles sont à la fois très intimes, personnelles, singulières tout en répétant des gestes universels.

Anna Raimondo

S’approcher lentement… Puis s’installer dans cette chapelle isolée. Enfin, s’abandonner à la douceur du lieu qui progressivement s’estompe à la mesure qu’un verre se remplit d’eau. Une pure et simple goutte d’eau nous entraîne. Elle accroche le regard, mais surtout semble diluer l’ouïe.

Fatima Mazmouz

Au corps de la femme qui enfante, on associe le plus souvent la tiédeur, la lenteur, la quiétude du mûrissement intérieur et de l’attente. Cette femme enceinte curieusement affublée se détourne de ces images courantes. Résistante burlesque et singulière, elle s’agite frénétiquement sur des objets d’enfants. Son corps devient lieu de performance, un processus artistique qui lui confère une dimension politique.

Randa Maroufi

Quelle est notre image ? Ce que nous en maîtrisons ? Ce qui nous échappe ? L’histoire s’inspire d’un personnage qui a réellement existé et disparu. Travesti, il a passé une période de sa vie comme employé de maison dans la famille de l’artiste, qui ignorait son identité sexuelle réelle.

Mehdi-Georges Lahlou

Un homme, une situation singulière à travers un polyptyque d’images. Nous voici, nous spectateurs, traversant une zone imprécise, ambiguë que l’homme interprète, avec des matières simples, voire familières. Les épices évoquent d’emblée une part de ses origines et l’entremêlement des cultures, au cœur de son travail.

Yazan Khalili

Peut-on jamais revenir quelque part où nous avons été, comme nous étions alors ? Ou plutôt y devenons-nous des étrangers ? Ou l’endroit étranger à nous ? Une série de plans fixes racontent l’histoire d’un groupe d’astronautes qui retournent dans un paysage qu’ils ont laissé, il y a longtemps.

Halida Boughriet

De ces corps enchevêtrés surgit le rapport au temps : le temps de l’approche et puis de la séparation. Entre les deux, celui dont il reste une trace : ce corps de masse. On envisage d’abord l’origine du projet : un atelier au musée d’art et d’histoire de Saint-Denis dans le Val de Marne. L’artiste a invité des habitants de la ville à s’enlacer, à faire corps avant de se distancier.

Younes Baba Ali

Une voix scande le prénom masculin aujourd’hui le plus courant en Région bruxelloise mais qui désigne aussi dans la culture maghrébine un homme dont on ne connaît pas l’identité. Insistante, elle nous entraîne dans un milieu indéterminé, entre l’Orient et l’Occident.

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