Back

Emmanuelle Quertain

6
La Maison de la Mémoire
Place Saint-Martin
Tourinnes-la-Grosse


J’ai peint ce tableau, car, à la base, il est issu d’une photographie que j’ai reçue de la part de quelqu’un qui sait que je m’intéresse aux jardins, aux paysages et aux fleurs, sans en connaître les raisons précises. Spontanément, il m’a offert des photos de son jardin et, comme bien souvent quand on se voit quelque chose offert, on le prend, on l’accepte en le prenant, et puis on se dit qu’il faudrait faire quelque chose avec cela puisqu’il a fait l’objet d’un geste particulier. J’en ai fait une peinture, puisqu’il s’agissait d’une photo. J’ai fait une peinture (de ce geste) et je l’ai appelée « Document reçu ».

Je me suis arrêtée sur cette photo parmi toutes celles que j’avais reçues, car j’y trouvais quelque chose d’énigmatique au niveau des couleurs de l’arrière-plan. Je peux en conclure que parfois c’est précisément en raison du fait que quelque chose nous échappe qu’on décide de le garder. Donc les raisons pour lesquelles quelque chose est conservé dans la suite du travail à une importance relative. Probablement moindre en regard de l’œuvre finale.

Lorsque j’ai peint le document reçu, je me suis égarée. Je ne suis pas parvenue à suivre les détails du dessin décalqué sur le support afin de ressembler au maximum à la fleur initiale. Donc, j’ai dû improviser quelque chose de plié, chiffonné, noué pour évoquer à l’œil la réalité visuelle d’un rhododendron. Quelque chose qui n’a plus d’autre réalité que la manière dont s’est précisément inscrit là un chiffonné par dérapage m’a semblé très beau. Je l’ai gardé, car cette fuite vers quelque chose d’autre qu’une fleur, vers la « débrouillardise en peinture » a donné des plis presque anatomiques. La fleur baignée de lumière devenait presque, dans ce tableau, une forme d’érotisme. J’en suis restée là perplexe et fascinée.

youngbelgianartprize.com/emmanuelle-quertain