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Halida Boughriet

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La Maison de la Mémoire
Place Saint-Martin
Tourinnes-la-Grosse


Corps de Masse, 2013-2014. De la série « Corps de masse » Production MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne, 2014. Courtesy de l’artiste et Officine dell’Immagine, Milan (IT)

De ces corps enchevêtrés surgit le rapport au temps : le temps de l’approche et puis de la séparation. Entre les deux, celui dont il reste une trace : ce corps de masse. On envisage d’abord l’origine du projet : un atelier au musée d’art et d’histoire de Saint-Denis dans le Val de Marne. L’artiste a invité des habitants de la ville à s’enlacer, à faire corps avant de se distancier.

Comme les éléments d’une  chorégraphie, les corps se rapprochent, se géométrisent, s’amassent ou s’imbriquent dans un clair-obscur d’une épaisseur picturale. On devine les respirations, les bruissements d’étoffes, les frottements au sol. Des petites pièces du musée, installé dans un ancien carmel, résultent les cadrages serrés qui englobent cependant les corps dans leur proximité avec les tableaux exposés. De ce voisinage découle un jeu de connivences entre les postures des corps et de l’histoire de l’Art. Mais de ces compositions d’une douceur baroquisante ou carmélite, ce qui reste du temps de la pose, demeure l’idée des sentiments humains qui conduisent les accords entre les corps. Au-delà, c’est probablement les arrangements entre le corps unique, l’individu ; et le corps social qui s’inscrit dans notre perception.

Enfin, quand des lignes de couleur tracent des cadres sur une partie des photographies, c’est sur la narration de l’image que l’on se concentre. On s’y déplace pour appréhender des temps cadrés, simultanés à moins de, plutôt, monter ces cadres sur une ligne du temps. Que l’on s’attache à l’un avant ou après l’autre change le cours de la séquence…

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