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Pascale Rémita

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Chez Nelly Bruneel
Ferme du Rond-Chêne
Rue du Culot 58
Tourinnes-la-Grosse


Le partage des Vents, 2017. Vidéo 3’30 » Courtesy de l’artiste

Enfant surtout, on s’interroge sur ces éléments familiers mais étranges du paysage : où se trouve réellement l’horizon ? Quelle est vraiment la matière des nuages ? Quelle est cette mutation entre ce que mon œil voit fixement et ce que je regarde défiler ? Quelque chose de cet état de questionnement existentiel nous rattrape. Plus encore, ce sont les zones de rencontre entre les éléments qui nous attirent. Nous allons vers ces espaces poreux de contiguïtés entre l’œil, la mémoire, l’imaginaire et le paysage. On ne sait plus trop où commence l’un et où s’achève l’autre. Les accords de matières suscitent des récits, rappellent des souvenirs, embrayent des imaginaires.

Espaces, temporalités et perceptions se conjuguent. L’œil s’ancre au paysage et voyage, la partition l’emporte. Les lignes, les détails et les arrière-fonds, les variations des textures et des lumières donnent aux images une consistance qui se rapproche tantôt de la peinture, tantôt des premières images cinématographiques. Mais la traversée sensorielle se double vite d’une interrogation sur nos rapports visuels actuels au monde.

Inévitables, les représentations façonnées par les médias se posent dans la mémoire, contaminent et déterminent, elles aussi, la perception du monde dans un réseau d’échanges infini. Le mirage, peut-être, dérive d’un plan-séquence où tout affleure imperceptiblement. Et l’œil, cette chambre noire où s’organisent les images, se révèle une zone de liaison mouvante avec le monde.