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Yazan Khalili

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Étang de Nodebais
Rue de l’Étang
Nodebais


The Aliens, 2015 / Courtesy de la Galerie Transit, Malines

Peut-on jamais revenir quelque part où nous avons été, comme nous étions alors ? Ou plutôt y devenons-nous des étrangers ? Ou l’endroit étranger à nous ? Une série de plans fixes racontent l’histoire d’un groupe d’astronautes qui retournent dans un paysage qu’ils ont laissé, il y a longtemps.

Espérant sans doute retrouver des connivences, le paysage se révèle pourtant inattendu. Se pose alors la question du retour, réel ou fictif ? Toute en profondeur de champ, chaque photo nous balade dans un paysage architecturé, construit, minéral. Le commentaire relaye le récit de certaines images creusant par là le silence des autres. Les images s’entremêlent, le texte parfois ludique en contrepoint. On les assemble leur trouvant un ordre, une progression, comme un film muet ou un roman-photo. Celui-ci traite de l’impossibilité du retour, du fugitif, du réfugié ou du déplacé.

Tous nourrissent cette idée du retour au foyer d’origine et se confrontent à son impossibilité existentielle. Le retour à la maison devient un autre acte de déplacement et d’aliénation. Il en résulte une errance émotionnelle qui en prenant pour cadre la Palestine occupée se charge d’une réelle dimension historique. Nous voici soudain explorant l’effet de la distance géographique sur notre interprétation du territoire et sa capacité à toucher nos sentiments politiques.