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Hélène Amouzou

5
Chez Marilise et Albert Niesten
Au Moulin de Tourinnes
Rue de Beauvechain 1a
Tourinnes-la-Grosse

16
Chez Ingrid et Didier Cloos
Ferme des Jésuites
Rue de Beauvechain 43d
Tourinnes-la-Grosse

Entre le papier peint et le mur

C’est encore le rapport à soi et aux autres mais il n’y a plus de miroir. Il y a une femme seule.  Apprivoisant progressivement l’idée de l’autoportrait, Hélène s’est photographiée, la plupart du temps à bout de bras. D’où vient ce corps, plein ou fragmenté, dénudé ou vêtu d’une robe qui se confond avec le papier peint abimé d’un grenier ? Il donne l’impression d’une présence incertaine, dans l’entre-deux, et du coup, d’une forme de précarité. Le flou de ce corps en mouvement ou, au contraire, ses lignes partiellement nettes et posées racontent une existence angoissante : celle d’une immigrée en attente de papiers. Il témoigne d’une douloureuse quête d’identité : se trouver, se retrouver, se certifier d’exister… C’est l’angoisse de n’être de nulle part. C’est le passage, le voyage, l’état de transit et d’attente. C’est la difficulté de résider quelque part à moitié, là mais sans les papiers, intercalé entre le déracinement et l’incertitude. Avec sa valise à portée de main, Hélène est là, en attente d’exister ; étrange, partiellement invisible et pourtant très intime, très présente. Terriblement touchante, parce que nous disant les tourments d’une identité amputée d’une forme de reconnaissance extérieure, sociale.

Hélène Amouzou est née en 1969 au Togo. Elle vit en Belgique depuis 1998, à Molenbeek-Saint-Jean où elle suit les cours de photographie à l’Académie de dessin et des arts visuels, depuis 2004. Ces autoportraits datent de ses années d’études, durant la période où elle était demandeuse d’asile. Elle a mis dix ans à acquérir le droit de résidence, non sans se sentir marginalisée et stigmatisée.