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Le Dragon

D’Evgueni Schwartz

Adaptation et mise en scène : Muriel Clairembourg et Jean-Marc Delhausse
Direction musicale : Michel Vanstals
Le Cœur de Tourinnes : Michel Vanstals
Le Chœur des enfants Chantourinnes : Elisabeth Goethals et Olivier Habran
L’Orchestre de Chambre de la Néthen, dirigé par Alain et Benoît Meulemans

La pièce

Depuis 400 ans, un dragon règne en tyran sur une cité. Le Bourgmestre de la ville et son fils, Henri, serviteurs zélés du Dragon, veillent à faire respecter son pouvoir fondé sur la répression et la délation.

La population matée et résignée lui obéit en tout. Sa docilité est telle que chaque année, elle accepte de payer au monstre un lourd tribut alimentaire et de lui offrir en sacrifice une jeune fille.

Lancelot, héros professionnel, arrive dans la ville. Il décide de tuer le Dragon au combat et d’ainsi sauver la jeune fille, dont il tombe amoureux.

Les citoyens, qui observent le duel depuis la place de la ville, laissent éclater leur joie à la mort du tyran. Mais le Bourgmestre s’empare aussitôt du pouvoir et réprime immédiatement toute velléité de manifestation. Les citoyens, à nouveau muselés, rentrent chez eux.

Un an s’écoule…

Le Bourgmestre a usurpé le titre de tueur du Dragon. Il s’est autoproclamé Président et libérateur de la ville. Une jeune fille était promise en sacrifice au Dragon … il se l’attribue ! Mais, plus démagogue, il y met les formes et veut un mariage. Son fils Henri est quant à lui devenu Bourgmestre. Sous le couvert d’une pseudo-démocratie, Henri et son père incitent à la délation, soudoient et s’espionnent réciproquement, mais … de mystérieuses inscriptions apparaissent sur les murs de la ville.

La population, une fois de plus résignée, prépare activement le mariage du Président…

À propos…

Au-delà de son univers merveilleux, Le Dragon se caractérise par le foisonnement de personnages bien humains qui gravitent autour de personnages « mythiques ». Et ce n’est pas un hasard. Le véritable héros de cette pièce, c’est sans doute le peuple, tous ces habitants et artisans de la petite ville où se déroule l’action et qui semble vouée à voir se succéder les tyrannies. Limiter le propos du Dragon à une dénonciation convenue et consensuelle de la dictature et de l’oppression serait laisser de côté le véritable sujet, bien plus vaste et plus passionnant, sur lequel Schwartz porte un regard. Il s’agit ici de la responsabilité des citoyens eux-mêmes dans l’établissement et le maintien des régimes dictatoriaux et des oppressions politiques.

On touche ici à l’un des thèmes politiques qui, au regard de notre époque, est l’un des plus pertinents et des plus intéressants du Dragon : en faisant de Lancelot le champion aveugle d’une “démocratisation forcée”, Schwartz soulève avec beaucoup de finesse la question du droit d’ingérence, non pas de sa raison d’être ou de ses motivations (pures et honnêtes dans la pièce), mais de son application, et surtout de ses conséquences. Comment ne pas rapprocher le destin des habitants du village qu’il nous décrit de celui des dizaines de peuples que, à vouloir à tout prix les libérer, nos démocraties ont ensuite abandonnés aux griffes de tyrans plus sanguinaires encore que ceux qu’elles avaient chassés ? Comment savoir si certains de ceux qu’on libère aujourd’hui ne seront pas les oppresseurs de demain ?

La réponse de Schwartz tient en peu de mots : l’Homme, quand il ne l’a jamais connue, a besoin d’être éduqué à la liberté. Et prendre le temps de cet apprentissage est indispensable. La vraie démocratie ne peut s’instaurer qu’avec la liberté de conscience de chacun.

Extrait de In Fi-Théâtre

Evgueni Schwartz

Evgueni_Schwartz
Journaliste, écrivain et dramaturge russe, Evgueni Schwartz est né le 21 octobre 1896 à Kazan et mort le 15 janvier 1958 à Leningrad.
De 1925 à 1954, il écrit une douzaine de pièces sous forme de contes pour enfants, avec des marionnettes. Dès 1934, il utilise ce style théâtral pour les adultes. Les deux œuvres qu’il écrit, L’Ombre et Le Roi nu, sont interdites par les autorités soviétiques entre 1930 et 1940. Après avoir participé en 1941 à la défense de Leningrad, il écrit Le Dragon, sa troisième pièce de théâtre, qui est aussi interdite en 1944, après sa première représentation.

Pendant dix années, il cesse son activité de dramaturge, et reviendra en 1954 pour écrire une scène pour enfants et deux pièces pour adultes.

La musique du spectacle

Michel Vanstals
Depuis toujours, la musique occupe une place essentielle dans le spectacle collectif des Fêtes de la Saint-Martin. Ce sont d’ailleurs les concerts de musique spirituelle, organisés en 1965 par Max van der Linden à l’occasion de la restauration de l’église, qui sont à l’origine de ce spectacle. Chaque année, chanteurs et musiciens se joignent aux acteurs pour créer, dans un esprit de symbiose, une œuvre originale, au centre des Fêtes de la Saint-Martin.

La direction musicale du spectacle a été confiée à Michel Vanstals.

Le programme musical
Au programme du Cœur de Tourinnes :

Extraits de Carmina Burana, dont O Fortuna (Carl Orff)
Extraits de Catulli Burana (Carl Orff)
Extraits de la Messe des Fous (1350)
La Guerre de Janequin (chant polyphonique ; 1530)

Jean-Marc Delhausse et Muriel Clairembourg


Né dans la cité ardente, Jean-Marc Delhausse s’oriente vers les lettres et obtient une licence en philologie romane assortie de l’agrégation et complétée par une maîtrise en traduction (anglais) à l’Université de Liège. Premier prix de déclamation au conservatoire de Liège et premier prix d’art dramatique au conservatoire de Bruxelles. En tant que comédien, il a participé depuis lors à plus de trente spectacles dans divers théâtres (Théâtre National, Abbaye de Villers-La-Ville, Théâtre de Poche, Théâtre Poème, Océan Nord, la Samaritaine, l’Etuve, le Théâtre Royal des Galeries, l’Atelier 210…). Il a joué récemment dans « Des cailloux et des pommes », spectacle de plein air à Jodoigne, un projet de la Maison Ephémère… La dernière création est Himmelweg, de Juan Mayorga, au Théâtre 210, qui tournera cette saison en Belgique. Il répète actuellement Trahisons, de Pinter.

Il participe à plusieurs projets chantés, dont Quinquéfolia, Dis-moi WizzZ et Credo ma non troppo, chansons « tendrement rebelles » a capella.

Il est metteur en scène attitré du spectacle collectif, depuis 1995 avec la création de la pièce de Julos Beaucarne « l’Avenir change de berceau ».
Il œuvre à la réussite des spectacles depuis 17 ans.Muriel Clairembourg a joué et dansé au Théâtre National de Belgique, Théâtre du Grand Midi, à l’Abbaye de Villers-la-Ville, au Nouveau Théâtre de Belgique, au Théâtre de la Samaritaine, à l’Eden, au Varia, au Théâtre Océan Nord, au Théâtre de L’L, au C.C. Jacques Franck, aux Tréteaux de Bruxelles, à l’Escalier, à la comédie Claude Volter, au Théâtre de la Vie, au Théâtre du Méridien ainsi qu’en tournée en Belgique, en France, en Suisse et au Québec.Elle a travaillé avec des metteurs en scène tels que : Julien Roy, Pietro Pizzuti, Frédéric Dussenne, Isabelle Pousseur, Bernard Mouffe, Claude Volter, Luc Fonteyn, Ariane Buhbinder, Mathieu Richelle, Max Lebras et avec des chorégraphes tels que Gladys Fernandez et Pablo Inza, et Edith Depaule…
La comédienne a joué des textes de Maeterlinck, Handke, Laurence Vielle et Vincent Margane, Perrault, Molière, Edward Bond, Laurence Kahn, Von Hoffmansthal, Véronika Mabardi, Brecht, Ariane Buhbinder, Ghassan Kanafani, Enzo Cormann…

Depuis plusieurs années, elle met en scène diverses compagnies amateurs et anime des ateliers de théâtre.

Elles vous seront confirmées à l’adresse mail que vous renseignerez ci-dessous. Au cas où les places que vous souhaitez ne sont plus disponibles, ou si la représentation souhaitée est complète, d’autres solutions vous seront proposées par mail ou par téléphone selon le timing. Les places ne seront définitivement réservées qu’une fois payées.
Réservation possible jusqu’à 6 places. Au-delà, merci d’envoyer un mail à reservation@tourinnes.be

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