Un peu d’histoire…

L’histoire des Fêtes de la St Martin, c’est l’histoire de la passion d’un homme, le céramiste Max van der Linden. Au départ de son atelier en la ferme d’Agbiermont, à Nodebais, c’est l’histoire de la passion d’une petite équipe autour d’un projet de partage enthousiaste pour toute forme de beauté, projet qui a grandi au fil des ans, au pied d’une des plus belles églises romanes de Belgique (Xe et XIIIe siècles), fierté des Tourinnois.

Une église romane-dédiée à Saint-Martin de Tours, qui a amené le créateur des Fêtes à cette réflexion : «La beauté de son architecture, la vivante actualité du geste de partage de son saint patron semblent justifier que cette église soit le cadre de manifestations artistiques. L’œuvre d’art n’est-elle pas essentiellement partage ? »

Au commencement, en 1965, il y a la traditionnelle kermesse du village autour du 11 novembre, fête de saint Martin. Au moment où la nature se pare des couleurs chaudes de l’automne, des amis de mettent à rêver de musique dans l’église qui vient d’être restaurée dans sa pureté primitive : la petite chorale, qui deviendra bientôt la Chorale des Concerts de Tourinnes, inaugure un premier concert spirituel avec J.-S.Bach, Buxtehude, Purcell.

C’est en 1968 que les arts plastiques se joignent à la musique. Miqui (Max) fait appel à ses amis artistes. Son objectif est simple et ambitieux : faire descendre l’art contemporain vers le grand public, le faire cohabiter avec le travail des amateurs et le savoir-faire local.

Les concerts spirituels évoluent en Fêtes de la Saint-Martin.

L’église devient l’écrin idéal d’expositions d’art ancien et contemporain. Autour d’elle et bientôt dans les villages voisins, des maisons ouvrent leurs portes aux artistes. Des murs d’étables, des greniers, d’anciens poulaillers se revêtent de cimaises initiant ainsi le premier parcours d’artistes de Belgique.

De nombreux artistes de renom exposent chez nous, de jeunes talents se font connaître, des groupes d’élèves des écoles d’art présentent leurs travaux, des artisans ouvrent leur atelier. Aujourd’hui, ce sont une centaine de lieux d’expositions qui accueillent les artistes de toutes disciplines.

En 1975, pour le dixième anniversaire des Fêtes, un nouveau pas est franchi avec le premier spectacle collectif Martin de Tours qui réunit, sur un texte de Max van der Linden et de Feuillen Simon, la chorale des concerts, la fanfare, un orchestre et une cinquantaine de participants de Tourinnes et des villages voisins. C’est un immense succès et le début d’une longue série de spectacles (20) plus émouvants les uns que les autres, créés, « sur mesure » par Max et Feuillen.

C’est en 1999 que Miqui a quitté cette terre et depuis lors, Jean-Marc Delhausse et Muriel Clairembourg adaptent avec bonheur des textes d’auteurs (Bernanos, Pagnol, Anouilh, Brecht, Shakespeare, Maeterlinck, Schwartz, Hugo et Ibsen) ou des textes écrits spécialement pour Tourinnes (Beaucarne, Tirtiaux, Deutsch et Hamadi). En 2010, la Chorale des concerts a laissé place au Coeur de Tourinnes, choeur formé chaque année pour faire partie intégrante du spectacle, de même que le choeur d’enfants Chantourinnes.

Les Fêtes de la Saint-Martin, ce sont le spectacle et les expositions, mais aussi de nombreuses initiatives musicales ou artistiques, tout au long du mois de novembre ; c’est le travail d’une équipe de base et de nombreux sympathisants ; ce sont les dizaines de milliers de visiteurs et de spectateurs, en quête d’un moment de respiration. Et chaque année, depuis 50 ans, « le miracle de Tourinnes » se renouvelle.

Pour citer Frédéric De Buyst, moine du monastère de  Clerlande : « Les Fêtes de la Saint-Martin ont toujours été marquées d’un certain ton intérieur, d’un climat d’accueil profondément amical et poétique qui leur permettent de dépasser la simple manifestation culturelle pour atteindre à quelque chose de plus authentique et de plus complet : une rencontre, une « communion ».

Cet héritage, il est de notre responsabilité à tous de le garder vivant.

 

Baga Martens