Back

David de Tscharner

La question de la déambulation occupe une place importante dans mes récentes préoccupations. Je glane des objets lors de mes balades, de mes voyages, au fil des rencontres ; puis je les modifie, tentant ainsi de créer une tension entre ma réalité quotidienne et le fantasme de cette même réalité. Les deux pièces présentées sont le fruit de ce rapport au monde.

davidRoundtrip est un film de vacances de 52 minutes tourné entre la Belgique et les Etats-Unis. Ayant dessiné le pourtour d’une pièce de 2 euros sur le viseur de ma caméra, j’ai ensuite tenté, pendant le mois qu’a duré mon voyage, de ne filmer que des formes rondes intégrant ce cadrage. Le spectateur fait ainsi face à une succession de très courtes séquences et se perd dans une jungle géométrique et sonore. J’aimerais qu’il fantasme son propre scénario à travers les indices qui lui sont donnés.

Tourinnes-la-Grosse est née des fantasmes mythologiques qui me sont apparus lors de ma première visite dans la commune. Ce nom étrange, ces vallons embrumés, une petite chapelle perdue au bout d’un chemin ou ces grands champs qui semblent s’étendre à l’infini m’ont tout de suite évoqué des histoires de loups, de géants et de rebouteux. J’ai donc décidé de créer une sculpture qui rende hommage à Tourinnes-la-Grosse, une femme gargantuesque protégeant le village. La sculpture représente ses deux mains et ses lignes racontent sa vie. Une histoire magique que les enfants de l’école du village se chargent d’inventer à grands coups de peinture et stylos.

David de Tscharner

Né en 1979 à Lausanne, David de Tscharner est diplômé de l’ESBA à Genêve en 2004 et, en 2005, de l’ENSAV La Cambre à Bruxelles où il vit depuis une dizaine d’années. Installations, commissariat d’exposition, performances musicales ou encore l’écriture, entre autres en tant que directeur artistique de Code Magazine, révèlent une activité artistique foisonnante. Il expose fréquemment en France, en Belgique et en Suisse en collectif autant qu’en solo, dernièrement à la Médiatine et à la Galerie Baronian-Francey à Bruxelles.

Concevant l’art comme une catharsis génératrice de liens sociaux par la capacité qu’a l’expérience intime de résonner chez l’autre, son langage puise notamment ses racines dans le cinéma populaire où catastrophes, fantômes vicieux et autres personnages potaches animent l’écran convoquant tant le dégradé et le corrompu que le joyeux et le festif. Un univers que l’artiste se réapproprie dans une pratique expérimentale et multiple où s’imbriquent expériences intimes et sociales.

http://david-de-tscharner.blogspot.com/