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Juan Paparella

25
Chez Nelly Bruneel
Ferme du Rond Chêne
Rue du Culot 58
Tourinnes-la-Grosse

Encéphalogramme

La sensation d’un univers parallèle aux contours incertains nous ramène précisément à l’état de confusion qui précède le réveil : ce sommeil plus ténu où pointe la conscience de l’activité différente du corps. Ce temps de conscience du sommeil est un entre-deux où l’esprit erre d’une image à l’autre. Le sommeil, ce temps quotidien, ordinaire et vital, devient le centre de nos sensations, de nos interrogations. Les rythmes et profondeurs étranges de la nuit s’opposent au mouvement diurne, clair et réel.

Quel est cet état où les divisions complexes du cerveau dominant celles, gouvernables, de la conscience éveillée ? Quelle est cette énergie de veille pendant que le corps reconstitue ses forces nécessaires ? Double maléfique ou ordonnance bienveillante des émotions, que ressasse ou imagine cette partie de nous sur lequel nous n’avons plus prise ? L’incomplétude de la perception que nous en avons mène l’artiste à envisager sa capture extérieure, via l’encéphalogramme.

Précise mais aléatoire, étrange mais intimement familière, cette exploration graphique sonde la temporalité plus ou moins linéaire de l’activité du cerveau. Les traces de brûlures incarnent les angles morts de la conscience où se mêlent souvenirs, fantasmes et mirages… L’unicité et la fragilité de chaque vie.

La dernière heure du dernier jour d’exposition, le dimanche 2 décembre, Juan Paparella découpera son dessin en morceau, invitant chaque personne présente à emporter une part de sa vie nocturne et de ses rêves, une part de l’énigme de son cerveau endormi.

Juan Paparella est né en 1965 à Buenos Aires. Il y est diplômé en 1989 de l’Académie des Beaux-Arts Prilidiano Pueyrredon. Formation qu’il enrichit auprès de plusieurs artistes dont Julian Schnabel et Horacio Coll et qu’il complète d’un doctorat en sculpture. Il vit en Belgique depuis 1991 et présente son travail dans de nombreuses expositions collectives et individuelles, en Belgique et à l’étranger. Une œuvre qui ne se donne pas d’emblée mais qui, de la photographie au dessin, dissèque notre complexité, notre insaisissabilité, l’instabilité du monde et, plus encore, la fragilité de la vie.